Respect des bordures tampon dans l'agriculture

L’épandage de fumure est une pratique courante garanissant le maintien de la fertilité des sols cultivables. Mais elle impose le respect de certaines précautions afin de limiter le risque de nuisances environnementales. Outre l’emploi, de plus en plus courant, d’une rampe à pendillards afin de limiter les émanations d’ammoniaque, les épandages respectant les conditions météorologiques et l’état des sols et de la végétation permettent de réduire les risques de pollution des eaux superficielles et souterraines. De plus, tout épandage de fumure (purin, fumier, engrais de synthèse) ainsi que l’épandage de produits phytosanitaires sont soumis à réglementation aux abords des structures naturelles.

Une « bordure tampon », soit une bande d’une largeur minimale de 3m, sans fumure ni produits phytosanitaires doit être respectée le long des eaux superficielles, des haies et autres boisements afin de satisfaire à l’Ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques. Ces prescriptions sont détaillées dans l’Ordonnance sur les payements directs. Leur respect est une condition sine qua non de l'obtention des payements directs par les agriculteurs.

Elles permettent de limiter l’apport de nutriments provenant des épandages en zone agricole vers les milieux naturels adjacents. En effet, l’apport excessif de nutriments tend à favoriser certaines espèces végétales. Il s’ensuit un appauvrissement de la composition en espèces, généralement au détriment des espèces les plus rares et sensibles et entraînant ainsi une perte de biodiversité à tous les niveaux. En outre, l’épandage sur les boisements augmente le risque de maladies de l’écorce et des racines et nuit aux organismes qui vivent à leurs abords. L’épandage à proximité des cours d’eau comporte des risques évidents de contamination des eaux.

Bref, une mauvaise utilisation des engrais de ferme a un impact négatif sur la biodiversité.

 

La section de Fribourg a décidé de mener une étude relative au respect des bordures tampon durant une année complète, d’avril 2014 à mars 2015, hors période hivernale (mi-décembre à mi-février). Ce projet fait suite à un projet similaire conduit durant 4 mois par la section de Pro Natura St. Gallen-Appenzell dans les cantons de St. Gall, Appenzell RI et Appenzell RE où il a été démontré que la bordure tampon n’était pas respectée sur plus de 40% de la longueur totale contrôlée.


Dans notre canton, les résultats ne sont pas plus brillants: sur les 138 surfaces contrôlées, 60% d’entre elles comportaient une bordure tampon non conforme au règlement. Ces infractions concernent plus de 18% des 27’086 mètres de bordure vérifiés.

 

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire le rapport complet téléchargeable ci-contre.